HHhH de Laurent Binet

 

 

 

Laissez-vous transporter dans la tourmente de la Deuxième Guerre mondiale, à Munich, Berlin, Londres, Paris, Kiev, faites un petit détour par le Moyen Age et repassez par 2010 pour atterrir à Prague, en 1942. HHhH raconte l’histoire de l’attentat contre Heydrich et de la folle traque qui s’ensuivit pour s’achever dans une église au centre de Prague où sept hommes soutinrent un siège de sept heures face à sept cent SS. Reinhard Heydrich, « l’homme le plus dangereux du IIIe Reich », était le bras droit d’Himmler mais chez les SS, on disait « HHhH », ce qui signifiait : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». A l’heure où le débat fait rage autour des rapports tumultueux entre Histoire et fiction (cf. l’affaire Lanzmann-Haenel), dévorez sans attendre ce roman étonnant qui reconstitue les faits avec une précision maniaque fondée sur un travail de documentation impressionnant mais qui se pose sans cesse la question, entre deux déflagrations : comment raconter une histoire vraie ?

                 

  • HHhH de Laurent Binet Machine-à-écrire-500
  • Parution en 2010
  • Le livre de Poche
  • 440 pages

 

 

 

Avis de notre invitée Brigitte
Laurent Binet, rends un hommage formidable à ces héros qui ont organisé l’attentat qui couta la vie à Heydrich, ReichProtektor de Bohème-Moravie en juin 1942.Le récit de cet attentat est écrit comme un véritable roman. L’auteur étudie toutes les dimensions de cet épisode majeur de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il l’inscrit dans son décor : Prague et ses environs.

Les personnages, réels, sont de véritables héros et de sinistres individus. Il nous fait connaitre la vie de ces hommes, leurs origines, leur histoire personnelle : comment ils en arrivent à s’engager dans la préparation de cet attentat de leur engagement dans l’armée tchèque jusqu’à leur fin terrible. Les détails sont nombreux, les résistants tchèques sont tous présents.

Heydrich et les SS représentent les figures du Mal : eux aussi sont décrits avec une précision d’enquêteur. Tout comme le traitre.

On lit donc toutes les étapes de la longue préparation de l’attentat : les heures d’observation, les renseignements collectés par les réseaux de résistants. Il décrit la vie dans la clandestinité tout en exposant la cruauté des nazis occupant l’ancienne Tchécoslovaquie. Bien entendu, la fin est terrible.

L’auteur prend aussi la précaution de prévenir son lecteur de ce qu’il a pu imaginer de la pensée et des émotions de ces hommes. Tant pis, ils nous racontent la vie de héros et nous rappelle l’infamie de l’occupation allemande.

A lire sans hésiter, avec passion mais aussi pour ne pas oublier.

 

Extrait du livre

 

 » Depuis longtemps, je souhaitais lui rendre hommage. Depuis longtemps, vois, allongé dans cette petite chambre, les volets clos, fenêtre ouverte, écouter le grincement du tramway qui s’arrête devant le Jardin botanique (dans quel sens ? Je ne sais pas). Mais si je couche cette image sur le papier, comme je suis sournoisement en train de le faire, je ne suis pas sûr de lui rendre hommage. »

 

Note de notre invitée

 5
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