La Guerre n’a pas un visage de femme de Svetlana Alexievitch

 

 

 

La Seconde Guerre mondiale ne cessera jamais de se révéler dans toute son horreur. Derrière les faits d’armes, les atrocités du champ de bataille et les crimes monstrueux perpétrés à l’encontre des civils, se cache une autre réalité. Celle de milliers de femmes russes envoyées au front pour combattre l’ennemi nazi. Svetlana Alexievitch a consacré sept années de sa vie à recueillir des témoignages de femmes dont beaucoup étaient à l’époque à peine sorties de l’enfance. Après les premiers sentiments d’exaltation, on assiste, ou fil des récits, à un changement de ton radical, lorsque arrive l’épreuve fatidique du combat, accompagnée de son lot d’interrogations, de déchirements et de souffrances. Délaissant le silence dans lequel nombre d’entre elles ont trouvé refuge, ces femmes osent enfin formuler la guerre telle qu’elles l’ont vécue. Un recueil bouleversant des témoignages poignants.

                 

  • La Guerre n’a pas un visage de femme de Svetlana AlexievitchMachine-à-écrire-500
  • Parution en 2005
  • Editions J’ai lu
  • 414 pages

 

 

 

Avis de notre invitée Brigitte

Ni un roman, ni un récit historique mais des paroles décrivant un vécu, des souffrances, des joies. Svletana Alexievitch, écrivain biélorusse et ukrainienne, a reçu le prix Nobel de littérature en 2015. Son livre « La Guerre n’a pas un visage de femmes » ne raconte pas la Seconde Guerre mondiale sur le territoire soviétique. Il n’est pas construit sur les faits militaires. Plus de vingt ans après la fin du conflit, elle a patiemment cherché, puis écouté les femmes qui se sont battues dans l’Armée Rouge et parmi les partisans dans les forêts de l’URSS. Elle porte des propos longtemps gardés secrets dans les cœurs et les corps parce que justement la guerre est une affaire d’hommes et leur expérience du combat a été marginalisée pendant de très nombreuses années.

Elle accompagne les récits qu’elle transcrit de remarques et d’analyses qui donnent à son enquête une valeur universelle sur la place des femmes dans un monde où les hommes seuls décident des codes.

La lecture de ce livre m’a passionnée. D’abord, elle est très facile même si les propos sont le plus souvent effroyables. Constitué de courts paragraphes, chacun correspondant à l’expérience d’une combattante, chaque chapitre évoque une dimension de l’enquête que mène l’auteur.

On y apprend ce que c’est que l’horreur, la cruauté, l’injustice mais aussi la fraternité, le courage et la grandeur d’âme. Des histoires, en apparence toutes simples, de cuisinières, d’infirmières, de blanchisseuses, de snipers ou d’aviatrices. Des personnalités à la fois simples et extraordinaires présentées sans jugement ni hiérarchie, égales dans leur engagement et leur sacrifice.

La dernière page tournée, on mesure le prix de la paix et on ne se pose plus du tout la question de l’utilité des livres…

Extrait du livre

 

« Je ne sais pas si je pardonnerais aujourd’hui. Je ne saurais le dire. Ma vie ne me suffira pas à surmonter tout ce que j’ai vu à la guerre. Ma vie entière n’y suffira pas… Parfois, je voudrais pleurer. Mais je n’y arrive pas… »

 

Note de notre invitée Brigitte

coup de coeur
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