Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain

 

 

 

« On m a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m enfonce une épine dans le pied, décrire l échauffement d une brûlure, parler des n uds dans mon estomac quand j ai trop mangé, de l élancement lancinant d une carie, mais je suis incapable d expliquer ce qui me ronge de l intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n est en mesure de m aider. Dieu, la science, la médecine, même l amour des miens a échoué. Ils m ont perdue. Sans doute depuis le début.
J ai vingt-neuf ans, je m appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée. »

                 

  • Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain Machine-à-écrire-500
  • Parution en avril 2016
  • Editions Pygmalion
  • 224 pages

 

 

 

Avis de Marine

Je savais déjà que Sophie Jomain était une romancière de talent. Elle m’a totalement conquise avec sa série Félicity Atcock et sa romance Cherche jeune femme avisée. Avec son dernier roman, Quand la nuit devient jour, elle a achevé de me conquérir.

Sophie Jomain a décidé de parler de deux sujets particulièrement lourds et difficiles : l’euthanasie et la dépression. C’est avec le personnage de Camille qu’elle a écrit un roman bouleversant de réalisme.

Camille est dépressive.

Issue d’une bonne famille, aimante et attentionnée, elle a malgré tout toujours eu ce sentiment de mal-être qui a pris possession d’elle dès son plus jeune âge. Camille n’a jamais pu accepter son corps qui ne semblait jamais vouloir évoluer comme il le devrait.

Son premier amour va être le déclencheur de la descente aux enfers de Camille. Les troubles alimentaires vont faire partie intégrante de son quotidien. Son incapacité à devenir transparente aux yeux du monde va pousser la jeune femme à jouer au yo-yo avec son corps et à attenter volontairement à sa vie à maintes reprises.

Ni ses parents, ni le corps médical n’arrivent à enrayer la douleur physique et morale ressentie par Camille. La dépression est un mal qui ronge toujours plus, sans jamais être rassasié.

En Belgique, le décès médicalement assisté est légal. De nationalité belge par son père, Camille va réclamer le droit de mettre un terme à ce mal. Elle va demander l’euthanasie et il va être accepté. Quand la nuit devient jour retrace le parcours de (fin) vie de Camille.

La dépression est un sujet bien souvent boudé mais pourtant il ronge des milliers de personnes. Ce mal, je l’ai vécu de près pendant de nombreuses années. Sophie Jomain a brillamment réussi à décrire cette maladie. Car oui, c’en est une. Invisible et bien souvent incompréhensible pour l’entourage, ça n’en reste pas moins un mal mental et physique qui fait des ravages sur son passage.

Avec des mots simples mais percutants, Sophie Jomain m’a totalement emportée. Une fois son livre commencé, je n’ai pas pu le reposer avant la dernière page. L’issue du combat de Camille était connue mais je n’ai pas pu m’empêcher d’espérer, de vouloir me battre avec et pour elle contre cette maladie.

Cette jeune femme a tellement souffert que quand la lumière vient éclairer son long tunnel sombre, je me suis demandée si une éventuelle guérison ne serait pas possible. Mais cette maladie est fourbe. Elle détruit insidieusement la personne qui l’héberge, en lui laissant penser qu’un mieux est possible.

Quand la nuit devient jour m’a fait ressentir de très fortes émotions. J’ai oscillé entre les larmes, l’impuissance face au mal qui dévore Camille, l’espoir que la mort ne soit pas la seule issue possible…
Par moment, j’aurais aimé être actrice dans ce livre pour tenter le tout pour le tout mais malheureusement cela m’a été impossible. L’entourage de Camille a pallié à ce besoin. Les personnes qui gravitent autour de Camille sont profondément humaines avec tout ce que cela comporte.
Quand la nuit devient jour est un roman bouleversant que je vous encourage à lire. Malgré les sujets difficiles qui y sont traités, ce livre est magnifique. Je ne suis pas prête d’oublier Camille et son auteur…

Extrait du livre

 

« J’ai choisi de mettre fin à mes jours, certes, rien d’autre n’a vraiment d’importance – c’est du moins ce que penseraient la plupart des gens -, mais être libre de mourir comme on le souhaite, c’est aussi être libre de vivre comme on l’entend. »

 

Note de Marine

coup de coeur
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