Regis de James Osmont

 

 

 

 

Régis aime la littérature et l’automne, les décibels et l’errance. Il n’a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s’accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir… Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d’un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire… Jusqu’au point de non-retour.

                 

  • Regis de James Osmont Machine-à-écrire-500
  • Parution en janvier 2016
  • Auto-édition
  • 274 pages

 

 

 

Avis de Marine

Un livre, selon moi, se doit de nous faire ressentir. Peu importe l’intitulé de l’émotion tant qu’il nous fait réagir. Certains en plus de nous faire «vivre »nous hantent bien longtemps après que la dernière page soit tournée.

Regis a eu cette effet sur moi.

Quand James Osmont nous a contacté pour nous parler de son livre, j’ai très vite été intriguée. Une fois la vidéo promotionnelle visionnée, j’ai immédiatement su que je voulais lire ce livre.

La couverture percutante, la musique hypnotique et l’histoire de Regis m’ont attiré et m’ont aussi légèrement effrayée.

Qualifié comme un thriller, Regis ne réponds pas à la trame «classique» des livres du genre. James Osmont sort des sentiers battus pour nous faire emprunter les chemins tortueux de la folie. Et une fois ces chemins empruntés, il m’a été impossible de retourner en arrière.

James Osmont nous fait marcher sur un fil tendu à l’extrême. On ne sait jamais de quel côté nous allons basculer. Les mots tragiques laissent la place à la poésie. La poésie dramatique laisse la place aux mots crus et réels.

Regis n’est pas qu’un roman, c’est aussi et avant tout un homme,malade psychiatrique, avec ses parts d’ombres et de lumières. Si l’histoire m’a touché, ce n’est rien à côté de ce que lui m’a fait ressentir.
Être touché par un personnage qui fait en même temps figure de victime et de bourreau fait-il du lecteur un être anormal?

James Osmont a exorcisé ses démons nés le soir du 13 Novembre 2015 en écrivant un livre noir, incisif, dramatique mais ô combien poignant et beau.

La psychiatrie fait peur. C’est un sujet réel et dur. Mais de belles choses peuvent en découler. La preuve en est avec Regis.

Osez franchir la frontière qui sépare la raison de la folie…

En attendant que vos pas vous mènent à la rencontre de Regis, je vous invite à lire une petite interview à laquelle James Osmont a eu l’immense gentillesse de bien vouloir répondre.

 

L’interview de James Osmont

– Bonjour James, je t’en prie installe-toi confortablement sur le canapé ou le fauteuil du Puy.

Yes c’est bon canapé, en rentrant d’une journée de boulot agitée, et puisque vous voulez tout savoir, je m’accompagne d’un litre de thé, de mon chat sur les genoux et du nouvel album de Pity Sex bien à fond, tant pis pour le voisin…

– Maintenant que tu es confortablement installé, avant de nous parler de Regis, pourrais-tu nous parler un peu de toi? 

Oui alors James, 33 ans, brestois, des premiers cheveux blancs depuis peu, papa d’une petite de 4 ans, infirmier psychiatrique depuis 10 ans, rédacteur d’un webzine musical de 2012 à 2013, des expositions photos presque chaque mois depuis 2 ans et demi, un premier roman écrit dans l’urgence et l’angoisse post-attentat en fin d’année dernière et le tome 2 en préparation !

– Regis est un roman qui hante son lecteur longtemps après la dernière page… Dirais-tu que poser tes mots sur le papier t’a servi d’exutoire pour effacer de tes pensées les « Regis » de ton quotidien? 

 

Franchement je ne dirais pas ça. Les patients au final sont ceux qui m’enrichissent, et si j’avais à pointer un motif d’usure dans mon métier ce serait bien davantage les rouages d’une grosse machine comme un CHU, l’administration française, les relations entre services hospitaliers, acteurs sociaux, justice etc… La mauvaise foi, la mauvaise volonté, la mauvaise humeur… M’occuper d’un bon schizophrène c’est une respiration à côté ! Donc non ce n’est pas un « livre thérapie » si c’est là ta question. L’émoi collectif post-attentat a déclenché chez moi l’envie d’écrire, de me lancer, mais ce n’est qu’un point de départ. Regis est un roman noir, un thriller, tout ce qu’il y a de plus humain et poétique c’est sûr, mais c’est avant tout une fiction, avec la jubilation, le suspense et les frissons qu’on se plaît à écrire et à lire je pense quand on affectionne le genre.

– Regis plonge le lecteur en immersion totale dans la folie. Que dirais-tu aux lecteurs qui ont peur de faire le grand saut? 

 

Probablement qu’il faut savoir sortir de sa zone de confort. Les gens l’imaginent gore, fou dangereux et clivant comme la couverture signée de mon ami Laurent Fièvre. Il y a je crois beaucoup, mais alors beaucoup plus de nuances, et d’humanité dans ce livre… Le problème je veux dire, c’est que – qu’on le veuille ou non – on est tous un peu formatés. Moi aussi je lis beaucoup de thrillers, la figure du fou que ce soit comme méchant ou (anti-)héros, c’est très classique, notamment abordée par l’angle crimino. Mais c’est aussi très souvent traité de manière caricaturale et superficielle, y compris chez de « grands noms » du genre parfois… Regis n’est ni génial ni machiavélique, ni calculateur et froid, ni innocent ou totalement victime, c’est un être instable et dangereux parce que la société ne lui fait aucune place, et sait de moins en moins accompagner sa spécificité, autrement que par l’injonction sécuritaire. Donc ce qui ressort de beaucoup de commentaires lecteurs c’est qu’à travers la précision clinique on s’attache à Régis alors qu’on voudrait surtout ne rien ressentir pour lui. C’est ce qui est troublant et dramatique à la fois. Ensuite dans la forme, les gens soulignent l’aspect poétique, l’écriture atypique (je crois), à la fois imagée et nerveuse… Je pense que c’est un thriller sans en avoir tout à fait les codes habituels en fait… Donc soyez curieux avant tout !

– J’espère que les plus récalcitrants seront convaincus… En tout cas, moi j’ai osé plonger dans le monde de Regis et l’effet a été immédiat : j’en redemande.

– Comment envisages-tu ton avenir d’écrivain aux multiples casquettes maintenant ? 

Bon et bien que tout le monde soit rassuré : tu es toujours vivante, remontée saine et sauve des eaux troubles où patauge ce sacré Régis… Pour la suite ? Disons que je ne voulais surtout pas être obligé d’écrire un « 2 » au seul motif qu’il avait un « 1 ». C’est souvent comme ça qu’on se loupe. Donc comme je suis quelqu’un de très attentif à ce que je ressens, j’ai attendu un peu de voir si j’avais autre chose à raconter, et effectivement j’ai senti qu’il y avait un besoin chez moi, et aussi chez les lecteurs. L’idée étant d’écrire un deuxième tome qui se suffirait à lui-même comme Regis pourrait aussi être un « one shot »… Mais pour autant l’écriture sera la même, la nervosité du ton, l’omniprésence musicale, la noirceur ambiante etc… Dans le processus, je prends un peu plus de temps, je ne ressens plus l’urgence qui m’a habité dans ce moment presque magique, en tout cas exaltant, à la fin 2015 : quand tu as l’impression de tirer le fil d’une histoire et que la bobine pourrait ne jamais avoir de fin. Regis est vraiment venu facilement, et quand je m’y replonge j’hallucine un peu de toutes ces facettes et complexités que j’ai assemblées ensemble en si peu de temps…

– Je te remercie James d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. 

Merci à toi, pour ton intérêt, ton enthousiasme, ton soutien à l’auto-édition aussi ! Merci à tous ceux qui vont fouiner au-delà des têtes de gondole et des best-sellers (même s’ils sont nécessaires). Merci à tous ceux qui me font retour, postent un commentaire, car c’est là la motivation première quand on débute une démarche artistique quelle qu’elle soit : se mettre à nu, se dévoiler, se vendre parfois mais en toute authenticité, et partager des émotions communes… Parce qu’une œuvre, quelle qu’elle soit, c’est le meilleur des traits d’union entre les êtres humains…

Cher lecteur, j’ose espérer que tu franchiras la ligne qui sépare la raison de la folie et que tu apprécieras autant que moi l’histoire de Regis.

 

Extrait du livre

 

« Dans ces périodes de grand ralentissement psycho-moteur, quand la tempête se calmait, quand le vide interne se faisait cocon ; Régis vivait de longs moments de stupeur. Il se mettait à tricoter des mots, les tordait en douceur ou les choyait avec malice. Puis il les mixait sans ménagement et les broyait violemment. Il les réduisait alors en miettes, et projetait la matière friable dans les airs, poudre volatile… Pulvérulente. Pareille à la neige des sommets…
…une âme à la consistance de craie. »

 

Note de Marine

coup de coeur
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