Un Souffle, une ombre de Christian Carayon

 

 

 

Il faisait particulièrement doux ce soir-là.
Nous étions en été, un samedi soir, la fête annuelle de la base nautique des Crozes avait battu son plein toute la journée.
Justine avait demandé à ses parents, également présents, de pouvoir passer la nuit avec sa cousine et deux copains de classe sur l’îlot des Bois-Obscurs, au centre du lac. Un camping entre pré-adultes. Une récompense pour le bon travail fourni toute l’année. Promis, ils seraient de retour le lendemain, à 10 heures au plus tard.
Le dimanche matin, les adolescents se font attendre. L’un des parents, de rage, parcourt la distance à la nage. Sur l’îlot il découvre l’étendue du massacre : les corps meurtris, outragés, dénudés.
Les familles des victimes, des accusés, la région, tous vont connaître le chaos et le déclin.
Ma vie d’enfant a basculé ce jour-là. Quelqu’un – quelque chose –, au visage indéfini, malveillant, a pris possession de mon imaginaire, de mon âme.
Vingt ans après le drame, l’occasion de dépasser ce traumatisme collectif s’offre à moi.
Je vais enfin pouvoir donner un visage à mes peurs.

                 

  • Un Souffle, une ombre de Christian Carayon Machine-à-écrire-500
  • Parution en avril 2016
  • Editions Fleuve
  • 552 pages

 

 

 

Avis de Marine

Le résumé d’Un Souffle, une ombre m’a tout de suite séduite. Je m’attendais à un thriller. Au pire à un roman noir. Dans les deux cas, j’avais la quasi certitude de passer un très bon moment de lecture si j’en croyais le résumé et les quelques avis très positifs glanés ici et là.

Vous dire que j’ai déchanté est un euphémisme. Je suis tombée d’une très haute échelle de satisfaction.

Avant de dresser un portrait peu avantageux de ce roman, je vais vous parler de l’histoire en elle-même qui par les mots avait tout pour plaire. Sur le papier, vous l’aurez compris, c’est une tout autre histoire.

Vadérieu, petite ville paisible du Massif-Central.

Nombreuses sont les occasions de célébrer quelque chose ou quelqu’un pour les habitants de cette bourgade sans histoire. Pendant l’été 1980, une énième fête va réunir habitants et vacanciers autour du lac de Basse-Misère. Jeunes, vieux, locaux, étrangers… Tous passent un bon moment en cette belle journée estivale jusqu’à ce que la disparition de 4 jeunes inquiète les familles qui les avaient autorisés à partir camper non loin de là.

Le campement du quatuor est témoin d’un massacre comme on en jamais vu à Vadérieu. Les corps des enfants sont retrouvés disséminés ici et là. Faiblement reconnaissable pour l’un, enfoui sous la tente pour l’autre…

De la découverte des corps jusqu’à l’emprisonnement du coupable, l’enquête va être bâclée.

Trente quatre ans plus tard, Marc-Edouard Peiresoles, historien, était collégien à Vadérieu à l’époque du drame. Il décide de faire fuir ses propres démons en retraçant toute l’histoire qui a changé à jamais tout une ville et ses habitants.

En achevant d’écrire ce résumé de l’histoire, je croirais presque que les critiques à venir ne sont pas destinées au même livre. Et pourtant si…

Un Souffle, une ombre est découpé en six parties distinctes. Ce découpage aurait pu rendre la lecture plus agréable si l’auteur, Christian Carayon, n’avait pas décidé d’alterner le passé et le présent en y ajoutant en plus différents moments (vie passée du narrateur, vie présente du narrateur, enquête passée, reprise de l’enquête, drame…). Tout ça bien distingué aurait pu être lisible voir agréable, mais j’ai trouvé que ça me faisait l’effet contraire. Mauvaise compréhension ou mauvaise mise en page, je vous laisse vous, futur lecteur, me donner la réponse.

Nous lisons le roman à travers le regard du narrateur Marc-Edouard Peiresoles. Et quelle peine ça m’a donné. Cet homme est historien, originaire de Vadérieu, âgé d’une quarantaine d’années et j’ai envie de vous dire peureux, voire sujet à des troubles psychologiques.

Imaginez ma peine… Je m’attendais à lire un roman décapant suite à la lecture du résumé si prometteur et je me retrouve à tourner des pages aussi longues et creuses que le narrateur de l’histoire. Cet historien passe son temps à nous rabâcher ses peurs. Pardon, je me corrige, ses angoisses comme lui dit son psy.

Je pense qu’à ce stade de ma critique, vous arrivez à dresser un premier tableau de l’histoire. Je vais vous donner de quoi lui donner plus de consistance.

Le narrateur, en plus de nous faire part de ses peurs et échecs m’a assommée de descriptions lourdes, voire inutiles. Et ayant pour thème principal : les paysages.

Le seul passage qui m’a percutée dans ce livre est celui où le drame est narré dans son intégralité. Christian Carayon a réussi à me faire frissonner d’effroi face à de telles ignominies.

Mais le soufflet est bien trop vite retombé.

Bref, je vais arrêter là ma critique peu flatteuse sur ce roman. Je vais être sincère, je ne pense pas que le livre soit mauvais. Je ne suis juste pas la bonne lectrice pour cette écriture détaillée voir poétique par moment, qui ne semble pas me réussir.

Extrait du livre

 

« Le jour où mes parents m’ont offert ma chienne, j’étais à la fois heureux et terrifié qu’on ajoute ainsi un être mortel à ma liste déjà trop longue. Je me suis effondré en larmes. Mes parents ont cru que l’émotion m’avait submergé et, bien des années après, racontaient encore l’anecdote avec un mélange d’amusement et de tendresse. Je n’avais pas pleuré de joie ce jour-là.je portais déjà le deuil de ce petit animal que j’ai aimé au premier regard. »

 

Note de Marine

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