Ce qu’il nous faut c’est un mort de Hervé Commère

 

 

 

« I will survive ». C’était le dimanche 12 juillet 1998. À quel prix ? Ça, la chanson ne le dit pas. Cette nuit-là, trois garçons pleins d’avenir ont renversé une femme, une étudiante s’est fait violer, un jeune flic a croisé son âme sœur et un bébé est né. Près de vingt ans plus tard, voilà que tous se trouvent concernés par la même cause. On est à Vrainville, en Normandie. L’usine centenaire Cybelle va fermer ses portes. Le temps est venu du rachat par un fonds d’investissement. Cybelle, c’est l’emploi de la quasi-totalité des femmes du village depuis trois générations, l’excellence en matière de sous-vêtements féminins, une réussite et surtout, une famille. Mais le temps béni de Gaston est révolu, ce fondateur aux idées larges et au cœur vaste dont les héritiers vont faire une ruine. Parmi ces héritiers, Vincent, l’un des trois garçons pleins d’avenir. Il a la main sur la destinée de quelques centaines de salariés. Mais il n’a pas la main sur tout, notamment sur ce secret étouffé dans un accord financier vingt ans plus tôt par son père et le maire de Vrainville, père du 2e larron présent la nuit du 12 juillet dans la voiture meurtrière. Le 3e gars, Maxime, n’a la main sur rien, personne n’a payé pour lui et surtout il n’a pas oublié. C’est l’un des seuls hommes employés par Cybelle et un délégué syndical plutôt actif. Côté ouvrier, on connaît déjà le prix de la revente de Cybelle. Ca signifie plus que la fin d’une belle histoire entrepreneuriale : la mise au ban, la galère et l’oubli. Alors c’est décidé, ils n’ont plus le choix : puisque personne ne parle d’eux, ce qu’il leur faut, c’est un mort.

                 

  • Ce qu’il nous faut c’est un mort de Hervé Commère Machine-à-écrire-500
  • Parution en mars 2016
  • Edition Fleuve
  • 396 pages

 

 

 

Avis de Marine

Avec Ce qu’il nous faut c’est un mort, Hervé Commère nous livre un non seulement un excellent thriller mais aussi un très bon roman de vie.

Du début à la fin, j’ai été prise dans les mailles de cette histoire.

Tout commence le 12 Juillet 1998. Cette soirée a marqué les millions de personnes qui ont suivi la finale de la coupe du monde de football mais aussi celles de plusieurs personnes qui vont voir leur vie changer à jamais à la suite d’événements imprévus.

Ils ne se connaissent pas mais sont tous liés par une petite ville de Normandie : Vrainville. Cette bourgade a vu naître et grandir l’usine Cybelle, reconnue pour la fabrication de sous-vêtements.

Dans la première partie du roman, Hervé Commère nous livre l’histoire de ces Vrainvilliers (ou amené à le devenir) et celle de la bonneterie. Ces pages auraient pu me sembler longues et facultatives mais l’auteur a réussi à m’emporter. J’étais pressée d’en apprendre plus et donc incapable de reposer mon livre.

Une vingtaine d’année se sont écoulées et l’usine Cybelle reste le ciment de Vrainville. De nombreuses familles sont étroitement liées à l’entreprise. Mais le décès du fils de Gaston Lecourt, fondateur de la bonneterie va changer bien des choses.

Les personnages impactés par la nuit du 12 Juillet 1998 vont voir leur vie se télescoper les unes aux autres. Le passé va trouver sa place dans le présent et va faire remonter à la surface des choses qui vont chambouler la vie de plus d’une personne…

Dans son roman, Hervé Commère traite de sujets comme le chômage, la délocalisation, la solidarité, la destinée… Avec une parfaite maîtrise des mots et de l’histoire, il m’a conquise dès les premiers mots. Tout est justement dosé et orchestré. Je n’ai jamais vraiment su où l’histoire allait me mener et quand j’arrivais à un point d’éclaircissement, j’étais ravie de la tournure des choses et impatiente d’en savoir plus.

Ce qu’il nous faut c’est un mort est mon premier roman de cet auteur français mais certainement pas le dernier. Des heures de lectures comme celles que je viens de vivre sont à savourer et à retrouver au plus vite.

Extrait du livre

 

« Je veux dire que les gens sont petits, explique-t-il en posant ses couverts à son tour. On les prend tellement pour des cons qu’ils finissent par le devenir. Il se font tout petits. On les rend petits. Il se replient sur eux-mêmes, sur ce qu’ils connaissent. »

 

Note de Marine

coup de coeur
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