La Famille Hightower de Brian Francis Slattery

 

 

 

C’est une histoire de coïncidences. L’histoire de trois Peter Henry Hightower. Le premier est né au début du xxe siècle. Il s’appelait Petro Garko quand il était un petit immigré ukrainien orphelin de père, élevé dans les quartiers pauvres et industriels de Cleveland. Puis Peter Ukulélé, à la fin de l’adolescence, quand il a choisi la carrière de bootlegger et de commis de la mafia russe. Enfin, Peter Henry Hightower, quand il a fallu blanchir la colossale fortune qu’il avait amassée à coup d’assassinats et d’extorsions, ou en infiltrant les fortunes de Cleveland, qu’elles soient du côté de la légalité ou non.

Le deuxième, surnommé Petey, est l’un de ses petits-fils, une « tête de con » selon sa famille. Une petite frappe qui veut se faire plus grosse que le bœuf et s’embarque dans un réseau du crime international, plus connecté, terrifiant et efficace que jamais.

Le troisième, surnommé Pete, est le cousin du précédent. Il n’a pas hérité du gène criminel, grâce à son père qui l’a conçu en Afrique et exfiltré depuis toujours du clan Hightower, dont la puissance repose encore sur des dizaines de cadavres. Pete ne sait rien des siens. Quel hasard lui vaut de porter le même nom que celui de son imbécile de cousin et d’être pris pour lui ? À moins que le hasard n’ait pas sa place ici et qu’il s’agisse d’une dette que la famille Hightower doit payer aux cadavres qu’elle laisse derrière elle. Ou d’une morale fondée sur l’impossibilité de se soustraire aux liens du sang, celui qui court dans nos veines et celui qui a coulé sur l’asphalte.

                 

  • La Famille Hightower de Brian Francis SlatterysMachine-à-écrire-500
  • Parution en octobre 2014
  • Editions Anne Carrière
  • 384 pages

 

 

 

Avis de Camille

Peter et Muriel sont frère et sœur et ne se parlent plus depuis des années. Chacun nomme son fils en hommage à leur père : Peter Henry Hightower. Ce dernier est Ukrainien mais il a coupé les ponts avec ses origines alors qu’il n’était encore qu’un adolescent. Il côtoie la mafia locale, trempe dans le contre-bande d’alcool à l’époque de la Prohibition etc.

C’est dans cette ambiance de « moins tu en sais, mieux tu te portes » que toute la famille évolue tant bien que mal.

L’histoire se déroule en trois parties. La première raconte l’enfance et la jeunesse des cousins homonymes qui se côtoient peu et dont les vies prennent des chemins radicalement différents. Le fils de Rufus vadrouille à travers l’Afrique avec son père en ayant toujours la sensation qu’ils s’enfuient à chaque déménagement. Le fils de Muriel suit le même chemin que son grand-père au même âge mais avec bien moins de succès.
La deuxième explique la vie du grand-père et notamment son parcours dans les trafics légaux et illégaux. On en apprend aussi un peu plus sur son frère et sur sa femme, ainsi que sur les conditions dans lesquelles il a élevé ses enfants.
La troisième partie est la croisée des deux précédentes : les conséquences des agissements du grand-père sur la vie des enfants et des petits enfants.

A l’ouverture de ce roman je pensais me lancer dans une histoire compliquée : 3 personnages portent le même nom : Peter Henry Hightower. J’ai eu aussi peur de me perdre parmi tous les personnages et leur arbre généalogique (le grand-père, son frère, ses cinq enfants et leurs conjoints, ses cinq petits enfants, etc). Mais finalement tout est clair et facile à comprendre grâce à une narration posée et qui nous laisse le temps de nous imprégner de chaque caractère avant de passer au suivant.

On est dans le flou presque tout au long du livre quant aux affaires de Peter Hightower sénior, puis de ceux qui prennent sa suite. On subit la même loi du silence que pratiquement toute la famille et on n’est jamais vraiment éclairé sur les tenants et les aboutissants des trafics nationaux et internationaux. En même temps, on se rend vite compte que ce n’est pas là le but de l’histoire.

La narration est particulière, on commence parfois sur une anecdote que l’on termine des dizaines de pages plus loin. Entre temps on nous a décrit la vie complète d’un autre personnages intervenant dans l’histoire initiale. C’est bien fait, mais par contre il faut suivre !
Ce n’est pas un livre comme j’ai l’habitude d’en lire, le style d’écriture est particulièrement différent. Mais pour autant j’ai passé un très bon moment dans cette famille à suivre ses bonheurs et ses drames sur fond de criminalité.

Extrait du livre

 

« Il y a du sang et des lambeaux de chair partout. Il y a tellement de monde impliqué : la famille Hightower et tous ceux qu’elle a approchés, tous ceux auxquels elle a fait du mal. Il y a des hommes et des femmes, et aussi de la politique, de l’histoire, celle de la famille mais aussi celle de quatre pays différents. Ce qui signifie qu’il va falloir beaucoup bouger. Pas question de suivre un seul personnage de bout en bout, fidèle au tic-tac de l’horloge. Il n’y aura pas de confusion à la fin, tout sera éclairci avant. Mais il faut bien commencer quelque part. »

 

Note de Camille

4
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